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The Eye

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les avis de Cinemasie

8 critiques: 2.19/5

vos avis

64 critiques: 3.15/5



Xavier Chanoine 1 Du mauvais cinéma d'horreur
Ordell Robbie 2.75 (Assez) Bon Oeil
Marc G. 0 Deux goûtes de collyre et vite !
Ghost Dog 3.25 Efficace
François 2.75 Angelica Lee et une bonne mise en scène face à un scénario peu original
Flying Marmotte 2.75 Film sans grande originalité, mais qui se laisse voir...
Anel 3
Alain 2
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Du mauvais cinéma d'horreur

Les frères Pang devraient savoir que l'effroi ne se crée pas par l'utilisation massive de score pompier et d'esthétisation sommaire du moindre plan. Tourné comme un clip vidéo sans la moindre grâce, The Eye pêche par son manque d'originalité et d'une histoire qui peine à convaincre et que l'on a déjà vu au moins une bonne dizaine de fois, même sous format téléfilm comme l'inégal mais amusant segment Eye avec Mark Hamil, réalisé par Tobe Hooper pour Body Bag en 1993. Rien ne distingue donc The Eye de tout autre produit de commande asiatique surfant sur le thème de l'étrangeté, les spectres et autres hallucinations, et le pire est qu'il rate à peu près tout ce qu'il entreprend. Angelica Lee fait ce qu'elle peut et la relation qu'elle entretient avec son psychologue ne dépasse jamais le stade de simple rapport enquêteur/médecin/patient déjà vu, les apparitions nombreuses des spectres ne sont que décoratives, n'apportant absolument rien au potentiel pouvoir horrifique, au contraire du cinéma de Nakata Hideo, qui lui mise davantage sur la suggestion et la critique sociale, même si sous-jacente à son intrigue mise en place.

Les frères Pang ont au moins le mérite de présenter une copie certes grossière, mais dotée de quelques tics visuels pas si dégueux que ça. En dépit d'un montage clippesque, l'utilisation du flou -réussie- installe la peur, de même que son travail sur le son en bonne adéquation avec les images, mai l'ensemble est trop proche de la démonstration de force pour convaincre pleinement. En définitive, The Eye n'apporte rien au genre malgré une pincée de séquences potables (les premières hallucinations de Mun, l'enfant mangeant les offrandes mortuaires) mais son final grand-guignolesque et son absence désagréable de véritable peur le relègue tout simplement au rang de mauvais film d'horreur.

18 août 2007
par Xavier Chanoine




(Assez) Bon Oeil

The Eye démontre les bienfaits de deux choses: un producteur et un cahier des charges de film de genre. Parce qu'il n'en fallait pas moins pour à peu près réussir à séparer le bon grain d'inventivité visuelle de l'ivraie MTV du cinéma des frères Pang qui avaient pondu un Bangkok Dangerous écoeurant de montage épileptique. The Eye se veut porteur d'une approche du film d'épouvante plus centrée sur les sensations que la narration. De ce point de vue, les frères Pang ne s'en tirent pas trop mal: certains effets de montage sont encore MTVesque mais la contrainte ringienne les oblige à faire lent donc à etre moins assommants; le fondu enchainé, les gros plans, le filmage caméra à l'épaule, la focale sont assez bien utilisés -les frères Pang réussissent meme à bien reprendre les fameux mouvements en hélice mal recopiés par les suiveurs de Lars Von Trier-. Meme si parfois un peu longuet, le film fait donc passer un bon moment. La limite, c'est que le film cherche aussi à respecter les codes du cinéma d'épouvante donc à se vouloir efficace question frousse. Chez Nakata, le travail de peur passe par la suggestion, la musique et le son. Sauf que les ambiances sonores des frères Pang lors des scènes d'apparition sont d'une lourdeur pachydermique qui plombe complètement leur efficacité dramatique -pas la panacée quand les "spectres" n'ont meme pas une allure effrayante-. On me dira que Kairo ne brille pas non plus par son efficacité horrifique sauf que le film de Kurosawa savait compenser cet aspect par sa dimension de commentaire social, dimension absente ici.

Parmi les qualités du film, il faut aussi mentionner la photographie et la bonne tenue dramatique d'Angelica Lee. Et aussi deux beaux moments de cinéma: la scène du violon et ses magnifiques tournoiements de caméra et le final ne faisant pas dans la dentelle mais remplissant son contrat d'efficacité spectaculaire sans tape à l'oeil. Reste néanmoins la limite de la démarche des frères Pang: négliger le scénario peut éventuellement ne pas nuire à la force d'un film d'action qui ne passe pas forcément par la dramatisation; dans le cas de l'épouvante la dramatisation est par contre primordiale pour un film se voulant efficace. Qui empeche le film de soutenir la comparaison avec le meilleur de Nakata qui lui sait faire une série B pas du niveau d'un Tourneur mais remplissant bien son contrat, le genre de choses pas forcément transcendantes cinématographiquement mais très, très rares dans le cinéma de genre actuel. Ce ne sont pas les frères Pang qui contesteront la suprématie nipponne actuelle dans la frousse.

Au final, The Eye est typique des productions Peter Chan: pas aussi inspirées que celles d'un Tsui Hark ou d'un Johnnie To mais le plus souvent jamais catastrophiques ou juste assez réussies pour ne pas etre balayables d'un revers de main.

Un grand merci à Paris Cinéma.



17 octobre 2003
par Ordell Robbie




Efficace

Sans atteindre le plaisir sensoriel de Bangkok Dangerous ni le degré d'angoisse d’un The Ring ou d’un Dark Water, The Eye est néanmoins un divertissement plaisant et spectaculaire sachant se démarquer des références du genre afin de créer un climat suffisamment personnel pour retenir l’attention. Le principal talent des frères Pang est d’arriver à communiquer des sensations au spectateur par écran interposé, ce qui n’est pas donné à tout le monde : dès la première scène où la jeune héroïne aveugle, Mun, entre dans sa chambre, un court insert où l’on voit sa main frôler une chaise afin de se situer dans la pièce permet en effet de s’identifier immédiatement au personnage et à son handicap. D’autres scènes marquantes après la greffe de cornées viennent également alimenter ces sensations, comme la sortie dans le couloir avec une vue trouble et des ombres mystérieuses, ou la découverte de son visage dans la glace, tant imaginé mais jusqu’alors jamais aperçu.

La première partie du film est de loin la plus réussie : elle promet beaucoup de choses, tant au niveau du scénario que des émotions, et atteint son paroxysme dans la scène du métro lorsque Mun comprend qu’elle est manipulée par une revenante… Au passage, un visiteur se demandait pourquoi elle entendait la voix des morts alors qu’elle ne s’était pas fait greffer de tympans, juste des cornées ! C’est selon moi une des bonnes idées du film, qui souligne de manière inquiétante la puissance de l’organe visuel : relié au cerveau, il peut transformer une simple vision en paroles grâce à l’imaginaire humain !

La seconde partie de The Eye se déroulant en Thaïlande est à mon avis plus faible et, même si elle se laisse bien regarder, laisse cependant certains regrets. J’aurais aimé une rencontre plus fracassante avec la « fille maudite » et une fin moins pyrotechnique que celle proposée par les frères Pang. On ressort malgré tout de la salle assez satisfait, tout d’abord dans l’utilisation intelligente qui est faite des effets spéciaux, réellement au service de l’histoire, et aussi parce qu’on a une sacré chance : celle d’avoir une bonne vue nous évitant tous ces tracas !



17 octobre 2003
par Ghost Dog




Angelica Lee et une bonne mise en scène face à un scénario peu original

Vous le voyez vous-aussi?Alors que beaucoup peste sur la multiplication des comédies romantiques à HK, un autre genre devrait être encore plus exposé, les films d'épouvante. Combien de films sur les esprits, les fantômes, combien de Troublesome Nights (15, vive le Cantal...) depuis quelques années? Mais où est passé Lam Ching-Ying, notre fatsi préféré ? Car rarement un de ses films nous a convaincu comme peuvent le faire les références du genre (le sobre mais ô combien efficace Sixième Sens et le plus dérangeant Ring). The Eye n'échappe pas complètement au syndrôme de la photocopie, puisque son scénario manque cruellement d'originalité. Heureusement, la réalisation et l'interprétation sauvent un peu les meubles.

Angelica Lee de face, le fantôme de dosCommençons par le scénario, beaucoup trop proche des nombreux autres films du même genre. On pense à Sixième Sens évidemment, à Inner Senses sorti quelques semaines auparavant, et à d'autres films où des idées ont été piochées comme Body Parts. Le résultat est que l'on regarde se développer l'histoire sans grand intérêt, le scénario enfilant les scènes attendues comme des perles. A ce niveau, rien ne viendra nous sortir des chemins déjà bien défrichés, comme Inner Senses avait tenté de le faire. La principale faute du film est bien là, ne pas réussir à innover un minimum.

Il faut aussi ajouter que la réalisation très calme ne vient pas aider. Le film est court, mais avance à vitesse réduite. La réalisation des frères Pang est de très bonne qualité, il y a une évidente maîtrise visuelle, à la fois de la réalisation et de la photo. Mais le rythme manque avec cette histoire sans surprise. Il y a tout de même une volonté d'instaurer une vraie ambiance autour de Mun, et de montrer toute sa détresse. L'utilisation des flous est intéressante, évitant d'autres effets plus tapageurs et nous mettant bien à la place du personnage. Et plutôt que de montrer seulement ce que Mun voit, la caméra s'attarde aussi sur Mun elle-même et ses réactions. Cela remplace avantageusement les effets plus classiques (personne n'apparait sur le miroir de la salle de bain, un miracle), surtout lorsque l'interprète principale est talentueuse. Angelica Lee livre en effet une performance très solide, et semble parfaite pour le rôle. Ses yeux immenses déroutent pour une actrice asiatique, et elle prend véritablement possession de son personnage. Dommage que son rôle ne soit pas inscrit dans un récit plus palpitant.

Autrement la musique est de qualité correcte mais sans surprise, les effets spéciaux, parfois décriés pour la scène finale, sont convaincants, et on peut s'amuser à se demander quel sens sera exploité par les frères Pang lors de leur prochain film. Ici la vue, auparavant l'ouïe avec un personnage sourd muet dans Bangkok Dangerous. Certes leurs films font appel aux sens de manière convainquante, surtout de manière visuelle, mais un contenu un peu plus soigné serait le bienvenu. C'est assurément ce qui manque à The Eye, malgré la volonté d'éviter les effets d'épouvante classiques et de s'intéresser un peu plus à la détresse des personnages doués d'un don aussi macabre. Heureusement la conclusion est nettement plus convainquant en raison de son rythme plus élevé et de quelques plans très réussis. On termine donc le film sur une bonne note.

Au final, vous l'aurez compris, les fans de film à scénario s'endormiront, les personnes plus visuelles et sensitives y trouveront plus d'intérêt.



06 juillet 2002
par François


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